Comment HTML 5 va changer le Web

Des représentants du World Wide Web Consortium (W3C) étaient à Paris pour leur première présentation à la presse française du standard HTML 5. Un ensemble de technologies à même de refaçonner, à terme, la façon dont on utilise le Web au quotidien.

HTML 5, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. Car, derrière ce sigle, qui désigne un nouveau langage de balisage des pages Web, se cachent une foule d'autres technologies aux noms parfois encore plus nébuleux pour le béotien, comme CSS 4, WebGL, Indexed Database ou File API. Même si elles sont encore obscures, certaines de ces technos changeront sans doute radicalement notre façon d'utiliser le Web, que ce soit sur ordinateur ou sur téléphone mobile.

Des vidéos délirantes, sans plug-in

L'apport le plus célèbre de HTML 5 est sans conteste sa nouvelle balise vidéo, qui permet d'ores et déjà aux navigateurs récents de diffuser des clips sans recourir à un plug-in. Vantée par Steve Jobs au détriment du Flash, cette balise autorisera notamment les iPhone et les iPad à lire des contenus vidéo sans le fameux greffon d'Adobe. Mais, combinée à d'autres technologies en développement, elle ouvre aussi la porte à de nouveaux usages. Comme l'ajout d'effets amusants, de rotations ou de textes en surimpression.

Des pages formatées en fonction de votre écran

Autre aspect de HTML 5, l'évolution du standard CSS, qui offre une souplesse sans précédent aux développeurs. Elle est notamment déjà employée sur plusieurs navigateurs mobiles comme celui de l'iPhone ou celui d'Android, afin de rendre plus belles et lisibles des pages Web pourtant non conçues pour de petits écrans et une faible résolution. Avec cette technologie, il est par ailleurs possible de redimensionner à la volée une fenêtre du navigateur, comme le montre cette démo de Mozilla (à essayer avec Firefox).

Des pages Web plus animées

CSS 3 permet également d'afficher de jolies animations dans les pages Web et pourrait bien ringardiser demain la présentation verticale qui prévaut aujourd'hui sur la Toile. Pour vous en convaincre, essayez donc cette démonstration de page Web « cubique » et animée réalisée grâce à cette nouvelle technologie. Une démo chipée sur cette page, où d'autres animations bluffantes vous attendent (l'usage d'un navigateur utilisant le moteur d'affichage webkit – Chome ou Safari notamment – est recommandé).

L'abolition des frontières entre le Web et le bureau

Grâce à des technologies compagnons de HTML 5, toutes en cours de développement, le navigateur va d'abord pouvoir faire tourner des applications Web aussi rapides que les applications natives. Cette démonstration de Mozilla Labs est à ce titre intéressante. Une fois chargé dans votre navigateur, ce petit outil de retouche fonctionne sans accès au réseau, donc extrêmement rapidement, notamment pour éditer en un clin d'œil une image. Il permet en outre de glisser-déposer des fichiers du bureau vers le Web et à l'intérieur même de la page.

Des mondes 3D dans votre navigateur

Il y a quelques jours, deux ingénieurs de Google ont porté le vieux FPS Quake 2 en HTML 5. Si le jeu a vieilli graphiquement, cette expérience préfigure ce que permettront les futurs standards du Web en matière de 3D : pour entrer dans un monde virtuel, il suffira de taper une URL ! Cette démo est rendue possible par WebGL, un standard qui permet de profiter dans son navigateur des performances de sa carte graphique.

Des Web apps évoluées pour téléphones portables

Les Web apps sur téléphones portables, ça existe déjà... mais les utilisateurs leur préfèrent les applications qui garnissent les magasins d'applications mobiles d'Apple ou de Google. Cela pourrait bien changer à terme grâce à HTML 5. A l'heure actuelle, les Web apps (comme Gmail Mobile, par exemple) ne sont pas en mesure d'accéder aux fonctions de votre téléphone – exception faite, pour Android 2.1, de la localisation. Le W3C travaille donc à créer des API (des programmes faisant l'interface avec d'autres programmes) afin de permettre à votre navigateur d'utiliser des services avancés du mobile : il pourrait par exemple accéder à vos contacts ou à vos SMS, voire à votre appareil photo. Le tout sans passer par une application native. Qu'on se rassure, le W3C planche également sur la sécurité des données que vous partagerez avec les développeurs d'applications.

Source : 01net.com©

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